"La nostra vita"- chronique de l'Italie des petites combines - Yahoo! Actualité
Chef de chantier dans la construction, Claudio vit heureux à Rome avec sa femme Elena (Isabella Ragonese) et leurs deux petits gar?ons.
Enceinte, Elena rêve de vacances en Sardaigne mais la famille n'a pas les moyens, "parce que nous, on ne vole pas", explique-t-elle à ses fils.
Un jour, un gardien de nuit roumain se tue sur le chantier et Claudio se contente d'ensevelir le corps, de crainte de voir arrêtée la construction qui n'emploit que des immigrés en situation illégale.
C'est alors qu'Elena meurt en couches, laissant Claudio désemparé.
Eperdu de douleur, il fait chanter son patron pour que celui-ci lui octroie la construction d'un vaste immeuble, et confie ses enfants à sa soeur puis à son ami (Luca Zingaretti) qui deale de la drogue et vit avec une ex-prostituée.
Lorsque l'ex-femme du gardien, Gabriela (Alina Madalina Berzunteanu) débarque en posant des questions, Claudio rongé par le remord embauche son fils Andrei (Marius Ignat) et le forme au métier de ma?on.
Sur le chantier les retards s'accumulent et Claudio est bient?t pris à la gorge par les échéances financières.
Daniele Luchetti campe une Italie à la moralité partout vacillante. L'Etat autorise la construction à la va-vite d'ensembles immobiliers, synonyme de corruption, de blanchiment d'argent et d'exploitation d'une main d'oeuvre clandestine.
Le citoyen considère comme naturel de ne pas payer ses imp?ts ou d'arrondir ses fins de mois par des petits trafics.
Dans cette ambiance de déréliction générale, seule la solidarité familiale et l'amitié permettent de faire face au ch?mage ou au deuil.
Filmé caméra à l'épaule, avec un cadre mouvant, rythmé par une musique de variété tonitruante, "La nostra vita" est en empathie avec un héros d'une grande vitalité, dont les défauts sont présentés comme ceux de l'Italie de Berlusconi.
Sa course à l'argent est celle d'une société tout entière dont une frange grandissante se retrouve en marge de la consommation, montre Luchetti.
"J'ai voulu regarder cette société et m'abstenir de tout jugement. Ce film témoigne de miséricorde envers l'être humain, il nous dit que l'autre n'est pas si différent de moi", a expliqué Daniele Luchetti lors d'une conférence de presse au dernier Festival de Cannes où "La nostra vita" était le seul film italien en compétition.
Le cinéaste s'était fait conna?tre avec "Le porteur de serviette" en 1991 où il dénon?ait la corruption à travers le personnage d'un jeune et ambitieux politicien incarné par son ami Nanni Moretti.
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